La Douleur pendant l'Accouchement.

    • 1/  La DISCUSSION PARENTS/PROFESSIONNELS du 26/09/2011

    • 2/  OUTILS PRATIQUES

    • 3/  Témoingage

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Discussion entre futurs parents, parents

et professionnels:

 

« La gestion de la douleur pendant l’accouchement »

 

Cette soirée a eu lieu le 26 septembre 2011 à la Maison Solidaire en présence de Sylvie Durand-Buisson et d’ Elisabeth Bouniol (sages-femmes à la maternité de Mende), Marie-Hélène Pascal (sage-femme libérale à Millau, intervenante à la maternité de Sainte-Affrique) et Valérie Evesque (sophrologue à Mende).

18 personnes ont répondu présents, montrant l’intérêt des parents et futurs parents pour le sujet !

 

Tout d’abord, Valérie Evesque a rappelé le caractère complètement subjectif et personnel de la douleur. Le vécu, le caractère, le tempérament de chacun influencent directement notre perception de la douleur.

Marie-Hélène Pascal a expliqué l’importance pour la femme en train d’enfanter, de se connecter à son instinct, à ses sensations, d’être très intériorisée pour ainsi se laisser « entraîner » par ses sensations (parfois cela peut être difficile car celles-ci sont intenses, inconnues, voire dérangeantes !). Cela permet d’accompagner les contractions, d’être dans la détente et l’ouverture, au lieu de se crisper, de lutter contre ses sensations, ce qui aurait pour effet d’augmenter la perception de douleur et que celle-ci devienne souffrance.

Mme Durand-Buisson et Mme Bouniol ont d’ailleurs insisté sur la nécessité pour les parents de préparer un projet de naissance. Cela permet d’une part de s‘informer en profondeur sur le déroulement et mieux comprendre la physiologie de l’accouchement et d’autre part, c’est un outil de dialogue qui sert à créer une véritable relation de confiance avec sa sage-femme le jour J, relation essentielle justement pour que la future maman puisse être dans le lacher-prise!

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Au cours de la soirée, les mamans ont témoigné de la douleur ressentie à différents moments de l’accouchements :

- Pour certaines, au fur et à mesure que les contractions s’intensifiaient, la douleur était devenue tellement déstabilisante qu’un sentiment de panique s’est installé avec la peur de ne pas y arriver et des questions/doutes: « ça ne va jamais se terminer ! » ou « c’est pas possible, le bébé ne passera jamais! »

- D’autres se sont retrouvées face à quelque chose de vraiment différent par rapport à l’idéalisation qu’elles s’en étaient faite :phase de travail très longue, douloureuse et épuisante avec au final une péridurale demandée par dépit; ou encore enfantement très médicalisé alors qu’elles le souhaitaient le plus naturel possible…

Ces situations ont pu entraîner chez ces mamans un sentiment d’échec notable et une déception telle qu’elles en sont arrivées à avoir un jugement très dévalorisant sur elles-même et une perte de confiance considérable.

- Au contraire, certaines femmes ont témoigné que pour elles, l’accouchement avait mis en évidence des ressources insoupçonnées et une sensation d’en ressortir plus fortes. Ce sentiment « d’y être arrivé » avait été alors valorisant vis à vis d’elles-mêmes et de leur entourage.

- Des mamans, ayant fait à l’avance le choix d’avoir la péridurale, avaient trop idéalisé cette technique, pensaient ne pas avoir mal du tout et ne s’étaient pas préparées à une autre éventualité. De ce fait, les premières contractions ont été très mal vécues. De même, lorsque la péridurale n’a pas bien fonctionné (douleur présente malgré tout, ou sur un seul côté du corps…), ces femmes ont eu un ressenti très négatif et ont interprété immédiatement la sensation de douleur comme une souffrance.

- Pour d’autres, la péridurale a fonctionné correctement, mais elles se sont rendu compte avec le recul qu’elles avaient été comme « absente » de leur accouchement. Le fait « de ne plus rien faire » a entraîné un sentiment de coupure avec leur bébé et réciproquement le bébé avec sa maman.

- Une maman a également partagé le fait qu’elle avait plus souffert pour son premier accouchement avec péridurale que pour les suivants, sans cette aide médicale, car entre temps, elle s’était préparée; lors du 1er accouchement avec péridurale, ses douleurs avaient été subies, le lien avec le bébé rompu, entraînant de la souffrance alors que pour les accouchements suivants, la douleur avait été réfléchie puis acceptée, et du coup beaucoup mieux vécue…

- Des mamans n’ayant connu autour d’elles que des enfantements médicalisés ont dit l’importance pour elles d’avoir pu échanger avec d’autres mamans (par exemple au sein de Naître & Grandir) et d’avoir pris conscience qu’elles pouvaient être actrices de leur accouchement et faire les choix qui leur correspondent vraiment.

- Certaines ont exprimé que ces échanges leur avait permis de dédramatiser l’accouchement, la seule vision qu’elles en avaient alors étant celle des médias, souvent assez négative sur le vécu de l’accouchement.

- Une mère a fait part de son expérience de la sophrologie. Elle a expliqué que cela ne lui avait pas servi le jour de l’accouchement, mais par la suite, le travail qu’elle avait fait, l’a aidé à trouver des ressources pour s’occuper de son bébé qui pleurait beaucoup.

- L’importance d’échanger avec les sages-femmes a été soulignée à plusieurs reprises. Une maman a témoigné que justement, le temps lui avait manqué pour exprimer ces désirs sereinement et qu’ensuite, l’accouchement s’était accéléré. Elle n’avait plu eu alors cette possibilité et elle le regrettait car certains actes qu’elles ne souhaitaient pas auraient pu, selon elle, être évités.

- Une maman, très calme le jour J, a du faire face à l’empressement de l’entourage (que ce soit dans sa famille ou du personnel de la maternité). Elle regrettait cette mise sous pression très fréquente qui va à l’encontre du besoin qu’ont les femmes à ce moment-là de détente et d’intériorité.

- De même, certaines regrettent la pression des normes au sujet de l’accouchement (tant de temps pour l’ouverture du col, pour la poussée, l’expulsion de placenta…) alors que chaque femme est différente.

- Une autre a expliqué que même si la douleur était bien présente, elle avait quand même eu des sensations de plaisir, notamment avec la perception « géniale » de sentir son bébé progresser dans son bassin.

 

La diversité de ces témoignages reflète bien le fait que la perception de la douleur est différente pour chaque personne et pour chaque enfantement car c’est un ressenti propre à chaque individu suivant son état d’esprit, son histoire personnelle et familiale, sa religion, le vécu d’accouchements précédents…Le caractère imprévisible de l’accouchement entre aussi en jeu et il n’y a aucune règle en la matière.

De plus, l’importance de réfléchir à son positionnement par rapport à la douleur et de s’y préparer ont été soulignés à plusieurs reprises.

 

La sophrologie peut être un moyen et Mme Evesque a expliqué le fonctionnement de cette pratique : il s’agit, dans un état de relaxation, de visualiser des images mentales « positives » (par exemple, la visualisation des contractions, de son accouchement « rêvé », etc…). C’est également une aide pour retrouver confiance et estime de soi, pour « évacuer » des angoisses, des vécus traumatisants (que ce soit dans son parcours personnel ou celui de sa famille ou celle du papa !)

 

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D’autres thèmes ont aussi été abordés, en voici quelques-uns :

 

- Ne pas oublier que ce n’est pas simplement la maman qui est en train d’accoucher mais aussi son bébé qui vient au monde et qui a besoin d’être soutenu, d’être accompagné.

- Le papa a évidemment une place importante mais c’est parfois très compliqué pour lui, entre l’appréhension de voir sa compagne souffrir, la sensation d’être inutile. Un dialogue autour de la douleur dans le couple semble important afin que chacun se sente libre d’exprimer ce qu’il ressent le jour J.

- L’accouchement est un évènement imprévisible qui nous demande de rester l’esprit ouvert à toutes les éventualités.

 

Cette soirée a été particulièrement riche en parole. et en émotions ! Merci encore à toutes les personnes présentes d’avoir partagé leurs expériences !

 

N.B. : Certains de ces témoignages nous ont été rapporté lors d'autres rencontres Grossesse/Naissance au sein de l'association

 

Béatrice Chabalier, Céline Mallet & Céline Maymard, co-responsables du thème Grossesse-Naissance.

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La douleur pendant l’accouchement :

 

OUTILS PRATIQUES

 

 

1/ La BULLE :

Rester dans sa bulle, c’est à dire dans son intériorité, son instinct, ses sensations, en se fermant aux stimulations extérieures. Car, pour pouvoir libérer les endorphines, ces hormones qui nous aide à faire face à la douleur, nous avons besoin d’être connectées avec notre cerveau primitif (celui qui gère l’instinctif) et laisser de côté notre néocortex, cette partie du cerveau qui organise et rationnalise la vie pratique.


 

2 / Importance d’être dans le moment présent :

- Ne pas se repasser le film de ses précédents accouchements ou ruminer la demi-heure difficile qui vient de passer

- Ne pas penser à la prochaine contraction, mais vivre les contractions une par une, dans l’instant

- Se détacher de la montre pour ne pas se mettre de pression avec le temps qui passe


 

3 / Rester ouverte à toutes les éventualités :

Il est vital de ne pas idéaliser le déroulement de son accouchement, ni de faire trop de plans sur la comète.

Une bonne préparation, c’est à la fois concevoir le fait d’avoir une péridurale alors qu’on ne l’envisageait surtout pas (pour soulager une trop grande souffrance, aider à la dilatation d’un col qui ne s’ouvre pas…), mais aussi, se préparer à ne pas l’avoir alors que le moment venu, on la souhaite ardemment (en cas d’accouchement trop engagé, absence d’anesthésiste, impossibilité de piquer, péridurale inefficace…).

 

Le déroulement d’un accouchement est un élément aléatoire et imprévisible !

Se préparer signifie surtout : se préparer à toutes les éventualités.

C’est surtout cet esprit ouvert qui est décisif car cela nous permet de garder nos ressources mobilisées quoi qu’il arrive

Alors que si on s’est fixé un chemin trop étroit, une difficulté imprévue peut nous déstabiliser et nous faire perdre nos moyens alors que nous avions en nous la capacité d’y faire face.


 

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4 / Visualisation d’images mentales positives

Par l’aide d’un professionnel (par exemple sophrologue) ou seule, en s’imprégnant d’une lecture ou d’un scénario personnel

  • Avant l’accouchement : au cours de moments de détente : visualiser son accouchement « rêvé »

  • Pendant l’enfantement : combiner respiration et visualisation aide à rester concentrée et à vivre les contractions avec plus de sérénité


 

Exemples de visualisation :

- Image du souffle qui, à l’inspiration, par des pieds (la terre) et monte jusqu’au-dessus de la tête (le ciel) et repart ensuite à l’expiration vers la terre

 

- Image de la vague qui nous emporte à chaque contraction loin du rivage, elle nous ballote, nous submerge mais tel un bouchon de liège, malgré la tempête, nous revenons toujours à la surface. Et quand la contraction passe, cette vague nous ramène sur la plage (ce havre de paix où nous pouvons nous reposer avant que la prochaine ne nous emmène à nouveau dans son tourbillon) – (Vivre sa grossesse et son accouchement, une naissance heureuse d’Isabelle Brabant)

 

- On peut également se centrer sur le bébé : L’enfant va bientôt naître mais avant de prendre sa première respiration il va suivre ce passage à l'intérieur du bassin et visualiser ce chemin peut aider la future maman à comprendre la douleur des contractions, à rester en contact avec son bébé, à l'accompagner par la pensée, à se concentrer sur sa respiration.  Se représenter les différentes étapes de l'accouchement peut aider la maman à donner du sens à la douleur qu'elle vit et peut permettre de dépasser certains moments de doutes.


 

5/ Liberté des positions

Autant dans la phase d’ouverture du col que pendant le passage du bébé dans le bassin : essentiel ici de suivre son instinct, d’écouter son corps et ses sensations afin de soulager la douleur

Etirement du dos, mobilité et dissymétrie du bassin, utilisation du ballon, avec son compagnon ou autre personne présente…

(Trouver sa position d’accouchement de Bernadette De Gasquet / Se préparer en couple à l’accouchement de Maïté Trélaün)

 

 

6/ Se libérer de ses doutes, ses peurs, ses angoisses

Lors de l’enfantement, des blocages psychologiques peuvent apparaîtrent ayant des causes très diverses : fausse-couche, avortement, précedent accouchement mal vécu, relation de couple, passage femme-mère, responsabilités futures…

Mettre « de côté » tout cela et ne pas exprimer son ressenti peut s’avérer une cause de crispation. Il n’est pas toujours facile, dans une structure hospitalière où l’on se sent un patient, de parler de ses peurs.

Or la femme qui met son enfant au monde a besoin d’être libre de toute entrave pour pouvoir se laisser aller complètement, être dans la détente, dans l’ouverture.


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7 / Liberté des sons

Gémissements, cris, coups de gueule, sons ou chants : Il est essentiel de se laisser aller, de s’exprimer, cela permet de libérer les tensions accumulées…

 

LE CHANT PRENATAL : En plus d’apporter bien-être et d’entrer en relation avec son bébé, c’est une aide pour le jour de l’accouchement : d’une part cela permet de rester concentrée et d’autre part, le chant de sons graves durant les contractions entraîne la détente dans la zone du périnée et du bassin par la libération d’endorphines et donc favorise l’ouverture du col et la diminution des sensations de douleurs. (Contact : Catherine Putod à Marvejols, formée en chant pré et post-natal

Tél : 06 88 42 44 79 – Mail : putodcathy@orange.fr)


 

8/ Bénéfice de l’eau

L’eau peut aider à la détente lors des contractions par la chaleur qu’elle procure, elle peut faciliter l’entrée dans sa bulle, favoriser le lien avec le bébé qui au même moment se trouve également dans l’eau. Le contact de l’eau permet de retrouver des sensations connues de bien-être qui nous mettent en confiance dans un processus d’accouchement ou environnemental qui nous est pourtant inconnu.

Le fait d’être dans l’eau aide aussi grandement à la détente entre chaque contraction; avec cette idée simplement « prendre un bon bain », le temps passe plus vite, l’atmosphère globale est plus sereine.

 

 


 

9/ La place du papa

Les difficultés souvent éprouvées par les hommes face à cette question de la douleur sont principalement de 2 ordres :

  • Voir et sentir sa compagne souffrir peut être très éprouvant et marquant (à court mais aussi à moyen terme)

  • La peur d’être inutile, impuissant et les questions qui en découlent :

“  est-ce que je vais pouvoir faire quelque chose ?  ” 

 

Le Projet de Naissance est un moyen qui peut être utile pour remédier à ces appréhensions :

* Son élaboration au sein du couple permet d’entamer une discussion en profondeur avec sa compagne, et ainsi de pouvoir parler librement de ses inquiétudes.

* S’être informé sur déroulement de l’accouchement et avoir pris position, permet également de trouver sa place plus facilement le jour J et de sentir plus en confiance pour communiquer avec les sages-femmes

 

Quelques idées  :

 

1/ ETRE DANS L’ACTION

  • Aider sa compagne à rester dans sa bulle en s’occupant du concret

(lumière, musique, coussin, ballon, faire tampon à trop de présence extérieure perturbante…)

  • Pendant le travail et/ou la poussée 

    • Positions à deux : par exemple, la femme peut se pendre au cou de son mari afin d’avoir un point d’ancrage vers le haut; l’homme peut aider sa femme à se stabiliser ou la soutenir dans certaines positions instables.

    • Massage, pression des mains sur les zones douloureuses ou simple contact bienveillant

En plus de l’aide concrète, permet un contact rassurant


 

2/ ETRE UNE PRÉSENCE BIENVEILLANTE

Une femme en train d’accoucher a besoin d’un environnement qui lui donne confiance : être présent, tout simplement, dans une attitude de non-jugementt et une écoute respectueuse, est une aide considérable dans ces moments-là 


 

Ce ne sont que des pistes : à chacun de trouver SA place en fonction de ses envies, de son tempérament…


 

10/ La péridurale


 

La péridurale est une grande avancée obstétricale et s’avère très utile dans différents cas :

- pour les mamans étant submergées ou ne souhaitant pas se confronter à autant de douleur.

- permet parfois dans des cas d'accouchement trop longs ou difficiles dans lesquels l'épuisement empêche les choses d'avancer, de débloquer la situation

- permet, lors de césarienne, que la maman ne soit pas sous anesthésie générale.


 

La pose de la péridurale est souvent un acte qui fait peur aux femmes enceintes, même lorsqu’elle est choisie. De plus elle est ressentie comme un acte médical subit.

Au moment de la pose, arrondir avec souplesse son dos va favoriser la piqûre d’anesthésie et dissiper certaines raideurs. L’accompagnement par son corps des gestes médicaux entraîne un ressenti plus coopératif et c’est avec un état d’esprit peut-être plus apaisé que la maman pourra repenser ensuite à son accouchement.

Ne pas hésiter à exprimer l'envie de choisir le moment de la pose : il est parfois bien difficile de se relâcher en pleine contraction et il suffit parfois d'attendre 1 minute ou 2 afin que la péridurale soit posée dans de bonnes conditions, seul le ressenti de la maman devant être pris en compte à ce moment là.


 

Certaines femmes ayant eu recours à la péridurale regrettent le sentiment qu’elles ont eu de se sentir coupées de leur bébé. En effet, au début du travail, les contractions, étant intenses, elles obligent la future maman à rester centrée sur les sensations qu’elle éprouve. Quand la péridurale fait effet, les sensations sont bien moins fortes, voire disparaissent. Difficile alors de continuer à rester centrée sur soi et son bébé.

Il est donc important d’avoir conscience de ce phénomène pour éviter le sentiment de coupure ou de distance avec son enfant. En affinant ses perceptions à l’aide la respiration par exemple (où souffler longtemps permet d’être dans sa bulle) ou encore en parlant à son bébé, ou en restant avec lui par la pensée, il est tout à fait possible de continuer à accompagner son bébé avec la tendresse et l’amour dont il a besoin.

 

 

11/ Vision personnelle et perception de la douleur


 

Même s’il est important d’avoir une bonne connaissance de son corps, des mécanismes physiques et du processus hormonal naturel de la naissance (moins d’inconnu donc moins d’angoisse), il peut être aussi intéressant de s’interroger sur sa propre vision de la douleur. Les sportifs sont par exemple habitués à certaines douleurs et au dépassement de soi... L’accouchement et les douleurs de l’accouchement peuvent elles aussi être « sublimés », transformés en douleurs positives, avec en plus une magnifique récompense à l’arrivée ! ! ! 


 

On entend régulièrement, dans notre entourage ou dans les médias, des paroles telles que : « de nos jours, on peut accoucher sans douleur ». C’est une illusion! D’abord, la péridurale n’est pas mise en place au tout début des contractions, mais une fois que le travail est bien installé. Pendant cette phase du travail, on ressent les contractions et leurs effets : leur intensité peut aller crescendo, régulièrement ou par pallier, ou alors augmenter d’un coup : il n’y a pas de règle !

De même que lorsque le bébé arrive au niveau du périnée : les sensations sont différentes et intenses. Même sous péridurale, certaines mamans ressentent la douleur dans cette zone très sensible.


 

Pourquoi vouloir éviter de ressentir la douleur de l’accouchement ? Chaque femme peut se poser la question : qu’est-ce qui me fait si peur? Est-ce seulement de ne pas arriver à supporter la douleur? N’y a t’il pas d’autres causes? 

Peut-être la peur de perdre le contrôle, de se laisser emporter par la force des contractions, la peur de ne plus être dans les bonnes convenances mais dans son instinct primaire de mammifère? Car tout cela peut parfois dérouter!


 

Vivre son accouchement dans sa globalité en y intégrant la douleur comme une composante physiologique va permettre que cette douleur ne soit pas un frein.

Car tout est question de perception que l’on a sur le moment. Effectivement, si la douleur est subie, elle peut devenir souffrance. Si, au contraire, elle est acceptée comme faisant partie intégrante de son accouchement, on va pouvoir avancer avec elle sans appréhension, aller plus loin dans le lacher-prise et le dépassement de soi, jusqu’au moment tant attendu où l’on va prendre son enfant contre soi !

 

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Témoignage sur la gestion de la douleur


Réflexion sur la gestion

de la douleur pendant l’accouchement

 

Dans un premier temps, il est important de préciser que la douleur a toujours un caractère subjectif et personnel, suivant les expériences antérieures et le vécu de chacun,suivant les représentations sociales et culturelles qui peuvent lui être rattachées (ex : tu enfanteras dans la douleur).

 

D’un point de vue général la douleur peut-être définie comme une sensation désagréable ou bien encore comme une lésion réelle ou potentielle ressentie dans une partie du corps. La douleur perçue lors d’un accouchement s’écrit dans une autre dimension et ne peut-être envisagée comme une lésion ou comparée à une destruction. Chaque contraction correspond à une pression sur le col et la douleur ressentie est ici l’expression d’un travail d’ouverture pour laisser passer le bébé.Les pulsions de vie, les forces intérieures qui sont déployées au moment de la naissance peuvent faire peur, peuvent déclencher une angoisse de mort comme si la mère et l’enfant allaient être emportés. Pour mieux se protéger, la réponse est trop souvent technique car les médecins sont formés pour diagnostiquer des pathologies et, ce côté scientifique de l’accouchement, met à distance l’émotionnel de la mère et par conséquent le processus naturel est de moins en moins valorisé. Pourtant la majorité d’accouchement se passent bien.

 

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On peut voir la douleur de l’accouchement comme un passage initiatique, « une expérience de création » nous dit Isabelle Brabant. « C’est une sensation puissante dans notre corps du passage du bébé. Par son inscription dans le corps, la maternité peut devenir une occasion de découverte de soi », de ses ressources, de ses capacités à être femme, des valeurs qui sont importantes. La grossesse est un moment en dehors du temps ordinaire et c’est peut être aussi une opportunité pour la mère de définir ses besoins, ses priorités, de réfléchir à ce qui est important pour elle et son bébé, de penser aux valeurs qu’elle veut transmettre. A la naissance de son enfant, la femme va changer de statut et, dans l’arbre généalogique elle sera désormais mère de quelqu’un est plus seulement la fille de ses parents. Ainsi, l’accouchement est un moment unique et extraordinaire à la fois et peut s’inscrire dans le mouvement de vie de chaque femme qui enfante.

 

Il est vrai que, quand la douleur des contractions apparaît la première réaction est de se fermer, mais accoucher demande un véritable lâcher-prise, c’est-à-dire abandonner son état normal, ses habitudes pour se mettre en contact avec ses sensations et sa capacité à accoucher.C’est le passage entre le néocortex, partie de notre cerveau qui réfléchit, analyse, programme, intellectualise les évènements, et, le cerveau limbique. Ce dernier est cerveau reptilien. C’est la zone profonde, archaïque, celle de nos émotions qui gèrent les systèmes involontaires de notre organisme, les réflexes qui permettent la survie et la pérennité de notre espèce. C’est la partie de notre cerveau la plus ancienne, partie que nous avons commune avec les mammifères et qui va réveiller la mère à son instinct et va la guider pour s’ouvrir à la naissance de son bébé.

 

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Le cerveau secrète aussi des hormones qui favorisent l’accouchement. Quand le bébé est arrivé à maturité, un processus physiologique va s’enclencher : un signal est donné à notre cerveau et celui-ci va produire des ocytocines. Nous retrouvons la sécrétion de cette hormone dans les moments de bien être, lors des rapports sexuels, d’un repas convivial, d’un massage. On l’appelle aussi l’hormone de l’amour et favorise l’attachement de la mère à son enfant, agit sur l’interaction émotionnelle entre eux. Sous l’effet des ocytocines, l’utérus va se contracter et emmène ainsi la sensation de douleur.

En parallèle, on retrouve également la sécrétion d’endorphines, substances proches de la morphine, qui va favoriser la détente et le lâcher-prise. Ainsi, petit à petit la mère va se laisser aller, elle va quitter sa dynamique habituelle pour entrer dans un état plus intérieur. Ces temps de repos sont indispensables. Ainsi, alternent des contractions courtes et douloureuses et des moments plus longs où la mère va pouvoir se ressourcer.

Quand le processus physiologique est respecté, peu à peu la future mère s’éloigne du monde rationnel, celui contrôlé par le néocortex où la douleur doit être gérée, pour se laisser guidée par la partie de son cerveau archaïque. Elle va se connecter à son instinct, et plongée dans cette dimension « animale » elle va découvrir un savoir qui va lui permettre de mettre son bébé au monde ; un savoir-faire ancestral qui est inscrit en elle depuis des générations.Ainsi reliée à son intériorité, elle va trouver les moyens de s’adapter et d’appréhender la douleur. « La femme est ainsi entraînée dans un cercle vertueux : la sécrétion d’ocytocine entraîne la sécrétion d’endorphine qui optimise le « lâcher-prise », qui favorise à son tour l’ouverture du bassin et l’appui de la poche des eaux sur le col augmentent la sécrétion d’ocytocine… ». explique Maïtie Trélaün dans « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur. »

Le bébé va poursuivre sa descente jusqu’aux muscles du périnée. Le réflexe d’expulsion va s’imposer avec toute sa force et sa puissance et va apporter un bouleversement des sensations. On retrouve à ce moment-là la production d’adrénaline. La mère va être submergée par le stress de la naissance imminente et va perdre tous ses repères dans lesquels elle s’était installée depuis le début du travail et, en même temps le bébé va se préparer à surgir à la vie aérienne. Par ailleurs, il y a la sécrétion de prolactine, hormone qui est responsable de la production du lait maternel.

Pour favoriser la progression du bébé dans le bassin, la femme doit se sentir en sécurité, en confiance et ne pas sécréter des hormones liées à un stress extérieur à elle qui a un effet négatif sur la production d’ocytocine. Si le stress et les angoisses envahissent les pensées, le corps se tend, les muscles s’oxygènent mal et la douleur s’intensifie.La peur, le manque de confiance emmènent le découragement voire même la panique. Si la future mère considère la douleur comme une destruction corporelle alors elle va essayer de la combattre et, malheureusement ce contrôle bloque l’efficacité des contractions, ralentit le processus physiologique et la progression du travail.D’où parfois un sentiment de « raté » son accouchement.

 

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Etre à l’écoute du processus naturel peut aider la mère à garder confiance en elle pour mettre son bébé au monde. Une meilleure connaissance de l’évènement est un petit pas pour être actrice de ce moment, mais un accouchement reste imprévisible et la mère, au-delà de la préparation à l’accouchement doit s’ouvrir à l’arrivée de cet enfant qui va bouleverser sa vie. On parle alors d’une préparation à la parentalité et donner du sens à la douleur, l’apprivoiser permet de porter un regard plus indulgent sur la femme qu’elle est et sur ce qu’elle vit à ce moment là.

 

L’équipe médicale de la maternité essaie d’être à l’écoute des souhaits de la mère pour vivre au mieux son accouchement. Pendant la grossesse, différentes idées sur l’accouchement, souvent inspirées par des lectures ou par des récits d’autres mères, peuvent être discutées lors des rendez-vous avec la sage-femme de la maternité. Ce rendez-vous pré-natal est un espace d’écoute. On peut parler de ses accouchements passés, de son vécu de femme enceinte, de son état émotionnels, de ses peurs, de ses difficultés. Il est légitime d’exprimer des souhaits, de formuler les questions qui nous semblent importantes sur le déroulement d’un accouchement, sur les soins prodigués au nouveau né. En devenant mère, elle peut s’interroger sur la relation que l’on a envie de construire avec son enfant. Toutes ces réflexions peuvent être rédigées sous forme d’un projet de naissance et présentées à l’équipe médicale.

Pendant l’accouchement, dans le cas où le bébé va bien, les sages-femmes peuvent proposer à la future mère de se détendre afin de chercher et de trouver la position qui facilite la progression du bébé dans le bassin. Il est possible également de discuter des moyens pour soulager la douleur selon le désir de la mère, selon le projet de naissance voulu voire écrit par les parents.

 

Il n’y a pas d’accouchement idéal et chaque naissance est différente apportant son lot de surprises et de réflexions. S’y préparer permet d’évacuer certaines peurs, mais beaucoup de paramètres restent inconnus. Personne ne sait à l’avance comment cela va se dérouler. Réfléchir à son accouchement ne signifie pas avoir une connaissance approfondie du sujet accompagnée d’une recherche d’une technique exemplaire mais y penser permet peut-être de le vivre pleinement et de manière plus consciente, de se l’approprier.

La sophrologie est un moyen, parmi d’autres de préparer son accouchement. Par visualisation mentale d’images positives, la personne peut modifier la perception qu’elle a d’elle-même. Elle peut prendre ainsi conscience de son corps, des différentes étapes d’un accouchement et par conséquent de sa capacité à mettre au monde son bébé. La mère percevra qu’elle a les ressources nécessaires pour accoucher, accompagner l’arrivée de son bébé et, cette estime d’elle-même la préparera a tout ce qu’elle devra faire ensuite pour lui.

 

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Le jour de son accouchement, si la mère a confiance, elle pourra lâcher ses habitudes de vie ordinaires pour se concentrer sur ce qui se passe à l’intérieur d’elle, pour être au plus près de son ressenti. Par conséquent, elle pourra former autour d’elle une bulle ne se laissant distraire ou perturber par des évènements extérieurs liés au contexte de la maternité. Ainsi, centrée uniquement sur la naissance de son bébé et les sensations qui l’accompagnent, plutôt que de lutter contre la douleur et de chercher à l’éviter, elle lui prêtera une attention particulière, essaiera de l’apprivoiser du mieux qu’elle peut, simplement et sans jugement.En éloignant ainsi l’idée d’une performance à réussir, la mère se laissera aller à ses émotions, vivra ce moment unique plus sereinement et ne laissant peu de place à la colère et/ou à la culpabilité.

 

Le propos développé ci-dessus met en évidence l’aspect physiologique d’un accouchement. En effet, si à ce jour là, une ou plusieurs peurs, ou différentes pensées envahissent la conscience, alors le corps se ferme et le bébé peine à s’engager dans le bassin. La gestion de la douleur est une question personnelle et complexe à laquelle diverses orientations peuvent être proposées. Dans certains cas un accompagnement médical est nécessaire et cela peut rassurer certaines femmes ; mais si le passage est systématiquement envisagé comme menaçant, le processus naturel est alors nié et on se tourne alors vers la technique pour apporter des réponses à des angoisses. Ainsi, si l’accouchement est trop médicalisé la femme ne peut pas découvrir par elle-même comment surmonter ses peurs. Placer sa confiance uniquement dans la science apporte un suivi médical de plus en plus poussé mais cette intrusion permet difficilement de valoriser la connaissance et l’estime de soi.Se préparer à la naissance d’un enfant c’est cheminer vers l’ouverture, d’abord de son bassin mais aussi vers une ouverture psychologique de son être ; c’est se laisser-aller dans un état émotionnel inconnu afin de rencontrer ce bébé qui fera de nous une mère.

 

Béatrice, maman de 3 enfants (co-responsable du thème grossesse/naissance)

Réflexion faisant suite à la rencontre sur « la gestion de la douleur pendant l’accouchement » du 26/09/2011

 

Pour plus de renseignements :

Isabelle Brabant, « Vivre sa grossesse et son accouchement une naissance heureuse »

Maïtie Trélaün « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur »

Dohmen Brigitte, Gere Corinne, Mispelaere Christiane 

« Trois fées pour un plaidoyer, l’éloge d’une naissance amoureuse et consciente »

 

 

 

Publié dans Grossesse et Naissance